Présentation

© Laurent Dufour
© Laurent Dufour

Si ma passion pour le train remonte à ma plus tendre enfance, je ne pratique la photographie que depuis 2006. Je réalise mes premiers clichés sous l’impulsion d’un ami photographe avec un petit compact numérique. Je découvre les rudiments de cet art à travers les forums ferroviaires et photo-généralistes que je fréquente. Rapidement, j’essaye de varier mes prises de vues en choisissant des lumières particulières et en travaillant mes cadrages pour obtenir des photos plus marquantes que celles, très documentaires, produites par les autres passionnés. L’acquisition en 2008 d’un reflex numérique me permet de gagner en flexibilité et de pousser plus loin mes recherches de composition. En parallèle de mes photos ferroviaires, je découvre d’autres thématiques comme la « photo de rue » que je pratique modestement. Cette pratique est néanmoins essentielle puisqu’elle m’a permise d’affiner peu à peu ma démarche et de mieux inclure l’homme dans un univers ferroviaire trop souvent tourné vers les seuls matériels et installations. C’est elle également qui me pousse à acheter fin 2013 mon premier appareil photo argentique : un Rolleiflex T. Je le dédie d’abord à la photo de rue et ne le charge qu’avec des films noirs et blancs.

En 2016, lassé du format « paysage » et du caractère un peu plat des photos que je réalisais avec mon appareil numérique, je décide de mettre pour la première fois une pellicule couleur dans le Rollei. Le coup de foudre est immédiat, tant pour les tons incroyablement riches rendus par le film inversible que pour la dynamique d’image inédite proposée par le format carré. En quelques mois seulement, j’ai revendu tout le matériel numérique pour m’offrir un autre merveilleux appareil : un Hasselblad 501CM avec lequel je fais l’essentiel de mes photos aujourd’hui.

J’essaye d’apporter un regard personnel sur ce milieu ferroviaire riche et en pleine mutation. Loin du sectarisme qui guette un grand nombre de passionnés français centrés sur le réseau ferré national, je recherche au contraire la découverte de nouveaux pays et cultures ferroviaires. Je suis attiré par les lignes et matériels aux styles marqués que je peux valoriser à ma manière. Je m’efforce, bien que ça ne soit pas toujours facile ou bien vu, de photographier également les voyageurs et les agents, ceux là même qui donnent vie et raison à ce mode de transport à la fois du passé et du futur. L’utilisation d’un appareil moyen format argentique et du film inversible achevant de donner un caractère très singulier à une production qui, je l’espère, vous fera rêver et voyager…

Grégoire BROSSARD