Un week-end en vallée du Rhône [Rolleiflex]

C’est l’histoire d’un week-end qui a mal commencé… Dans un contexte de test grandeur nature de voyage à vélo et en train, j’avais décidé de me rendre en Lozère sur la célèbre ligne du Translozérien. La moyenne montagne avec ses routes sinueuses et la fraîcheur de ses nuits permettaient de me mettre quelques jours dans les conditions de mon prochain voyage.

J’avais tout ficelé : trajet aller, coins photos, grille horaire et trajet retour. J’avais tout prévu… Sauf une grève des cheminots languedociens ! Ils protestaient tout le week-end contre la fermeture de nombreux guichets sur leurs territoires. Les conséquences sur la circulation des TER sur toute la région étaient énormes et le peu de trains circulant en Lozère ce WE a été reporté sur route. Cela signifiait que je fonçais tout droit vers une ligne qui ne verrait passer aucun train… Évidemment, je m’en suis rendu compte à 10 minutes de mon arrivée à Nîmes !

Il a fallu réagir vite et deux possibilités se sont vites imposées à moi : la première était de continuer sur Narbonne pour passer le WE vers Port la Nouvelle et l’île sainte Lucie, au risque d’être toujours impacté par la grève ; la seconde était de me rendre en vallée du Rhône où j’avais fait du repérage quelques mois auparavant. C’est le tableau des départ de la gare de Nîmes qui en a décidé : j’ai sauté dans le TER pour Avignon puis dans un autre pour Bollène où je suis descendu à la nuit tombante. J’ai profité du voyage pour remonter un programme qui me tiendrait jusqu’au dimanche soir !

Je suis arrivé dans le petit village fortifié le vendredi soir. Une fête battait son plein et tout le monde profitait de la douceur du soir assis aux tables des restos et bistrots. J’ai planté la tente dans le petit bois jouxtant l’éperon rocheux sur lequel fut bâtis la forteresse protégeant la vallée depuis le XIeme siècle.

.

Un matin à Mornas

Le matin, j’ai attendu que le soleil se lève depuis un coin photo repéré sur google maps. Un pari d’autant plus ambitieux qu’aucune photo récente n’a été réalisée depuis ce point de vue à l’accès compliqué.

Ma première photo est le TER 17709 pour Marseille. Il fallait redoubler de concentration pour cadrer à main levée sans rien couper tout en écoutant siffler la voie pour être prêt à déclencher dans les deux secondes suivant l’apparition du train.

.

Moins de 20 minutes plus tard se présente le 41256/7 pour Cerbère. Ce fret roule déjà plus vite que les voitures sur l’autoroute visible à l’arrière plan. En ce samedi de « chassé-croisé » entre « juillettistes » et « aoutiens », l’A7 bouchonne joyeusement.

.

Faute de circulations intéressants, je descends de mon promontoire pour rejoindre le village et m’abriter une bonne heure. Je reprends mes photos vers midi, cette fois depuis le coin classique :

Le Logo SNCF de 1967 est toujours visible sur le nez de cette 22200 filant en tête du 17713 à destination de Marseille. Depuis ce point de vue, on apprécie bien mieux la taille de l’éperon rocheux contourné par le train.

.

Il est suivi de près par le 42302/3 Modane – Perpignan. Petit à petit, les 26000 dans leur livrée d’origine commencent à se raréfier.

.

Une dernière pour la fin : cette 27000 toute pimpante court en tête du 30100/1 Bettembourg – Perpignan. Ce point de vue plus élevé que le précédent permet de retrouver la tour fortifiée. Le soleil cogne, il est temps de passer à autre chose…

.

Le grand classique de Donzère

J’ai mis près de trois heures à remonter les 30 malheureux kilomètres qui me séparaient de Donzère. Le mistral n’a eu de cesse que de me ralentir en soufflant vigoureusement. La vue du pont du Robinet traversant le Rhône au pied du défilé fut un vrai soulagement. Le « coin photo » de Donzère est un des lieux ferroviaires emblématiques du quart sud-est de la France avec la ligne longeant les immenses falaises du défilé. C’est la première fois que je m’y rendais, avec une petite pensée pour tous les photographes du coin qui ont abreuvé les forums ferroviaires de photos durant des années.

Le 75433 Sibelin – Miramas est assuré par une Sybic « fantôme », en référence à sa livrée grise uniforme. Les vaguelettes qui se dessinent sur le Rhône témoignent de la force du vent.

.

Une 22200 fantôme roule en tête du 17718 à destination de Lyon.

.

Ce TER2N est l’un des derniers (le dernier ?) à arborer la livrée « Kaléidoscope » typique des anciens TER Rhône Alpes.

.

Le passage du 43108/9 Thionville – Cerbère est l’occasion d’une dernière photo depuis le centre du pont. En avant plan, l’espar vert indique aux bateliers entre quelles piles franchir le pont selon leur sens de navigation.

.

Je prends le dernier TER pour Lyon. Il dessert toutes les gares. Je descends à Tain l’Hermitage – Tournon. Les falaises de Donzère ont laissé la place aux coteaux de vigne de l’AOC Hermitage. Un écrin sympathique pour manger et dormir.

.

Tournée de grands crus

Le lendemain matin, je pédale quelques petits kilomètres pour atteindre Gervans. Un charmant village situé spécifiquement dans l’AOC Croze-Hermitage. Après quelques passages délicats sans jamais toucher au vignoble, j’arrive à un point de vue bien équilibré entre voie et décors.

.

Ce TER pour Marseille (encore…) assuré par une 22200 (…et toujours ! mais on ne s’en lasse pas) passe au milieux des vignes de Gervans.

.

Le mécano du fret n°489562 a laissé une porte ouverte. Il faut dire que la chaleur est accablante et que les 26000 ne sont pas pourvues de la climatisation…

.

Le 58882 et ses caisses Ambrogio remonte vers Sibelin.

.

Il était déjà temps de rentrer. J’ai laissé derrière moi les vignes et le Rhône pour la gare de Lyon Part Dieu où j’ai démonté mon vélo. Je l’ai inséré dans une sacoche pour le transporter dans le TGV qui m’a ramené à Paris. A 23:00 passées, il est amusant de voir le ballet des cyclistes remontant leurs vélos à leur arrivée à Paris-Lyon, discutant de leur sacoche ou de leurs « tips » pour accélérer démontage et remontage. Cette série est dépourvue de toute photo en gare, je le déplore mais les gares sur cette ligne n’ont plus vraiment d’intérêt photographique. Un jour peut être retournerai-je à Bollène ou Gervans sans démonter le vélo… ou peut être irai-je tout simplement en Lozère comme c’était prévu initialement !!

Say Something

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *