La numérisation des films AVEC UN APPAREIL PHOTO NUMERIQUE

Si le scanner est l’outil “traditionnel” de numérisation de nos films, l’appareil photo numérique (abrégé DSLR pour Digital Single Lens Reflex) a aujourd’hui tendance à le supplanter. Facile d’emploi, rapide, fournissant un fichier RAW agréable à travailler, ce dernier a de nombreux avantages. Les temps changent et il ne faut jamais dire jamais : Moi qui ne pratiquais que le scan quand la première version de cet article fut écrite, je me suis mis à la numérisation avec un DSLR.


 

DOnnées TECHNIQUES IMPORTANTES pour acquérir un système de reproduction complet

RAPPELS TECHNIQUES :

Une activité qui mélange grandeur physique - celle du film ou du papier - et grandeur numérique - pixel - exige de distinguer définition et résolution : 

La définition est la dimension de l’image. Par exemple : 5000 x 3000 pixels font une définition de 15 millions de pixels ou 15 “méga pixels”. Elle n’a pas de valeur physique exacte car le « pixel » n’a pas de taille stricte : il peut y avoir de “gros” capteurs comme des “petits” capteurs.

La résolution est le nombre de points sur une longueur physique donnée. Elle s’exprime en « ppp » comme « points par pouce » ou « dpi » pour « dots per inch », 300 dpi signifie donc 300 points sur une longueur d’un pouce, soit 2,54 cm. Elle s’exprime informatiquement en « ppi » comme « pixels per inch ». Les dpi/ppp l’emportent dès qu’une longueur physique, celle du film ou du papier, est mise en jeu.

La résolution est la donnée la plus importante si vous destinez vos photos à l’impression car ces dernières seront tramées à 300dpi lors du tirage par l’imprimante. On estime qu’il est impossible pour l’œil humain de distinguer la trame d’une impression en 300dpi, même s’il l’observe de très près. En revanche, une résolution insuffisante crée une étrange sensation de flou.

© www.bigacrylic.com/ sur cet exemple, l’image est de plus en plus résolue : l’augmentation du nombre de points sur une même largeur rend la photo de plus en plus lisible.

© phototrend : la définiton, bête et méchant…

Si vous photographiez numériquement un film argentique, vous partirez de la définition pour échantillonner : avec une image numérique de 4000px de large (pour l’exemple) en sortie de boitier, un échantillonnage en 300dpi vous donnera 33,8cm. C’est la dimension idéale et maximale à respecter pour une impression d’une grande finesse observable de près.

Toute règle a bien sûr ses exceptions. La résolution peut être moindre sur un tirage observé de plus loin sans qu’il n’y ait perception d’une baisse de qualité. On peut parfois descendre jusqu’à  à 100 dpi sur un tirage destiné à être regardé à un mètre de distance. J’ai chez moi un tirage de 80x80cm dans mon salon et si je colle l’œil au tirage, c’est très légèrement “flou”… Mais qui regarde un tirage de cette taille le nez collé au papier ???!

La question des dpi ne se pose pas sur un écran car la longueur physique du pouce n’y a pas cours. Elle fait place à la notion de « ppi » (pixel per inch) conventionnellement de 72 sur un écran. Il vous faut donc scanner ou photographier à une résolution d’au moins 72ppi et une à définition au moins égale à celle que vous afficherez sur votre site ou sur un réseau social : par exemple, 880px de côté minimum pour mes publications internet ou 1080px pour Instagram.


 

la définition des boitiers numériques ET LA SELECTION DE L’OBJECTIF : vos paramètres de départ

Le choix d’un boitier dédié sera probablement guidé par la définition du capteur (au delà de votre intérêt pour une marque ou une autre). De gros agrandissements à partir d’un film de petit format (135 par exemple, comparé au 120 ou au 4×5″) nécessitent un capteur de bonne définition. Les récentes évolutions sur le matériel numérique montrent que les boitiers reflex/hybrides 24x36 modernes se scindent en deux familles en terme de définition. On trouve d’une part des boitiers d’environ 24Mpix créant des fichiers de 6000*4000px environ et d’autre part ceux à très haute définition comme les comme les 5DsR Canon ou Alpha-7RIV Sony proposant jusqu’à 60Mpix.

Les premiers sont bien souvent largement suffisants pour numériser vos photos : comme vous pouvez l’imaginer, 95% des photographes se servent de boitiers ayant ces définitions et impriment/exposent les photos qu’ils prennent. Il n’y a donc pas de raison que vous ne puissiez pas faire de même avec vos numérisations. A condition bien sûr de les réaliser avec un bon objectif.

 

Selon votre pratique de l’argentique, il est possible que le ratio de votre film et de votre capteur soient différents. Vous ne pourrez pas exploiter toute la longueur du capteur 24*36 de votre boitier numérique en numérisant des 6x6 et devrez vous contenter de sa largeur.

Mieux définis, les seconds boitiers auront l’intérêt des amateurs plus exigeants ou dont le ratio des photos argentiques fait perdre beaucoup de définition lors de la numérisation. Les reflex numériques moyen format peuvent être évoqués pour aller jusqu’au bout de la démarche. Je me refuse à parler de “démocratisation” pour des systèmes dont le ticket d’entrée est encore à 5000€ le boîtier nu mais il faut reconnaitre qu’ils sont ultra qualitatifs et d’une définition exceptionnelle.

Certains d’entre vous réalisent ou réaliseront plusieurs photos numériques d’une même photo argentique pour recomposer ensuite l’image ultra-définie sur ordinateur. Plusieurs systèmes plus ou moins automatisés prévus à cette fin sont apparus ces dernières années comme le pixel-shift de chez Sony, je ne les maitrise pas et n’irai donc pas plus loin sur ce sujet.
Je dois reconnaitre ne pas m’y intéresser, les fichiers sont volumineux, exigent un (très) bon ordinateur pour la reconstitution et sont le plus souvent en TIFF et non plus en RAW.
Vous approcherez en outre des définitions si importantes que vous dépasserez probablement la résolution du film et finirez par photographier le grain lui-même, ce qui est contre-productif. Une définition de 20 à 50Mpix couvre 99% des usages photographiques : les 1% restants relèvent des usages spécifiques, muséaux ou d’affichage publiques spécifiques.

LE BON OBJECTIF :

La reproduction de films argentiques fait le plus souvent appel à des objectifs macro. La “macro” se distingue du “proxi” par le rapport de reproduction d’au moins 1:1. C’est à dire que l’objectif est capable de faire une mise au point suffisamment proche du sujet pour le restituer sur le capteur à sa taille réelle. Le cadran d’une montre de 2cms de diamètre peut par exemple prendre au moins 2cms de large sur le capteur de l’appareil photo grâce à un objectif Macro. Mon observation du matériel de différents photographes sur des groupes Facebook m’a montré que l’essentiel des optiques présentent des focales de 70 à 100mm (en 24x36). Je me suis moi même récemment servi de 90 et 100mm et ces objectifs se sont montrés particulièrement efficaces.

Un objectif idéal serait dépourvu de déformation en barillet ou en coussinet, bénéficierait d’un excellent piqué jusque dans les coins et vignetterait aussi peu que possible. Bref, je suis en train de vous écrire que l’objectif idéal serait… un objectif idéal ! Mais il faut rappeler que là où une photographie traditionnelle de paysages ou de portrait peut supporter certaines imperfections, la reproduction n’autorise rien.

Les objectifs de chambre eux même ou d’anciens objectifs de scanners peuvent être montés sur des planchettes et disposés sur une chambre photographique. Ces usages deviennent pointus et je ne les maitrise pas. Denis Olivier en parle sur son site, le lien est dans la bibliographie.

La “mesure” de la qualité d’un objectif peut être réalisée chez vous au moyen d’une mire USAF comme le Vlads Test. Celle ci est couchée sur un film que vous placez dans votre passe vue. A ce stade, elle n’a d’intérêt que si vous hésitez entre deux objectifs que vous avez déjà ou si vous voulez faire des tests avec un objectif que vous avez loué pour la journée. La mire a d’autres utilités au moment de faire la mise au point mais nous en reparlerons plus tard.

Je ne suis pas sûr de recommander l’emploi de bague allonges pour modifier le tirage et “créer” un objectif macro à partir d’un objectif standard. J’ai eu une expérience moyenne car je maintenais la mise au point à l’infini et générais beaucoup de flous sur les bords de l’image. A priori, une bague allonge nettement plus courte résoudrait le problème mais j’ai fini par me convaincre qu’employer un objectif macro pour faire de la macro restait la meilleure option…


Une fois le couple DSLR/objectif trouvé, il vous faut tous les accessoires permettant la numérisation :


 

La table lumineuse : température de lumière et CRI pour la bonne restitution des couleurs

La table lumineuse est la pierre angulaire de votre système si vous pratiquez la photo couleur. C’est elle qui déterminera la qualité de restitution de toutes les teintes présentes sur vos films.

Il vous faut déjà éliminer toute table n’affichant pas une température de couleur calibrée et prédéfinie. Exit les tables “à dessin” dont l’objectif est seulement de fournir de la lumière et pas de fournir LA lumière qu’il vous faut. Votre objectif est d’avoir une lumière la plus neutre possible, idéalement à 5000°K.

© https://www.waveformlighting.com/ : Une image vaut mieux qu’un long discours : là, si vous ne comprenez pas l’intérêt des CRI !…

Votre autre objectif est d’avoir une lumière avec le plus haut taux de CRI possible. Le CRI (color rendering index en anglais) ou IRC (Indice de Rendu des Couleurs en français) est un indice qui se définit sur une échelle de 1 à 100. Il détermine, pour faire vraiment très simple, la qualité de la lumière qui vous est donnée. Une source de lumière peut tout à fait vous être donnée comme de 5000°K mais présenter un mauvais rendu de certaines couleurs du spectre visible et donc un faible CRI.

Une source de lumière présente un CRI de 100 : la lumière du jour, elle est inexploitable.
Les LEDs donnent aujourd’hui de bons résultats et permettent de dépasser le CRI de 95%. C’est la norme minimale idéale pour une reproduction photographique. L’illustration ci-dessous à gauche tend à décourager d’employer les anciennes tables lumineuses dotées de tubes fluorescent (appelées “néon” à tort). Des tubes dotés d’un CRI de plus de 90 à 5000°K existent pourtant et permettent d’employer ces tables pour un résultat honnête à un budget serré.

Deux marques semblent se distinguer sur les groupes de discussions spécialisé sur le sujet :

  • Kaiser : avec la slimlight Plano calibrée à 5000°K et 95CRI. (que j’utilise)

  • Raleno : avec la S116 par exemple : une source de lumière modulable dont on vante les qualités.

Une marque bonus : Negative Supply : elle commercialise sa propre table à 99CRI. J’ignore tout de la qualité du produit mais une chose est certaine : c’est un sacré investissement !

© https://www.prolampsales.com/ : comparaison des spectres rendus par les différentes sources de lumière. On se rend bien compte qu’il est particulièrement difficile de retrouver le spectre de la lumière du jour.

Voici un test de CRI d’une table lumineuse : la mesure est réalisée sur 15 canaux. On détermine la médiane obtenue à partir des résultats pour afficher le CRI global de la table. Comme souvent, ce sont ici les les bleus profonds et le rouge vif que ça pêche…

 

Vous avez un boitier, une optique valable et une table lumineuse répondant aux exigences de la reproduction de vos films. Il vous faut maintenant maintenir votre boitier au dessus de votre table.


 

Le support : banc de reproduction, agrandisseur ou accessoires divers

Le banc de reproduction est l’outil le plus facile à exploiter : il est conçu pour placer en hauteur un boitier en maintenant le capteur parallèlement au plan de travail. Cette fonction peut également être assurée par les agrandisseurs (vous faites de l’argentique, je n’ai pas besoin de vous rappeler ce qu’est un agrandisseur ? ;) ) ou même par un trépied dont la colonne peut être basculée à au moins 90° pour orienter l’appareil photo vers le bas.

exemple de banc de repruction “maison” mais ultra propre par Jose Van Luis https://www.facebook.com/groups/287716734970881/posts/855961324813083/

D’autres systèmes existent et ne font pas appel à la verticalité mais à l’horizontalité comme le banc “maison” visible ci contre ou celui Ricoh-Pentax visible ci dessous à droite.

L’impératif absolu est de disposer d’un système d’une telle rigidité qu’elle supprime au maximum les vibrations liées à sa manipulation.


J’utilise pour ma part un statif de reproduction RS2 XA Kaiser acheté sur Le Bon Coin.
Pour les agrandisseurs, tapez dans une colonne d’agrandisseur Durst type M300, 370, 600 ou encore 605. La tête se dévisse et vous pouvez alors y fixer une rotule de trépied sur laquelle vous pouvez ensuite monter votre boitier.
Negative supply propose là encore son propre statif de reproduction à un tarif relativement rédhibitoire.

Un agrandisseur Durst dont vous pouvez enlever la tête pour y placer une rotule.

un banc Kaiser tout ce qu’il y a de plus simple

© Ricoh - Pentax


Le passe vue : un impératif

L-1200 Durst : © Denis Olivier

passe vue avec défilement du film chez © Negative supply

support à diapo © Nikon

Que vous le vouliez ou non, maintenir le film parfaitement à plat et de façon parallèle au capteur de l’appareil photo est une fois encore un impératif. Un bon passe vue est un système qui permet la manipulation propre et rapide du film, ne génère pas d’anneaux de newton en le compressant (soit par absence de verre, soit parce que les verres seront dits “ANR”), est durable et solide… et tout ça demande un minimum de développement.
Je vous passe les solutions “simples” qui consiste à trouver une vitre (fusse t’elle ANR) et à scotcher le film dessus car cela dégrade le film ou exige un bon nettoyage et je ne crois pas ces solutions pérennes pour nos précieuses images.
Construire sois même un support à moindre coût est tout à fait possible et je l’ai fait avec du carton plume. Le résultat ne s’est pas avéré solide au delà de la 500ième numérisation, ce que j’ai trouvé insuffisant. Voilà quelques idées de passe vue :

Lomography fait des “masques de numérisation” aux tarifs très accessibles. Anaïs Carvalho en a un et m’a fait un retour selon quoi le film avait tout de même tendance à gondoler. C’est donc une demi-solution…

Negative-supply et Valoi font des systèmes complets de passe vue permettant l’aplanissement et le défilement des films.

Essential Film Holder (EFH) est une petite entreprise anglaise qui fabrique artisanalement et à pas trop cher des passe-vue. J’en ai acquis un il y a un an. Le résultat est excellent, le produit est tout à fait durable (à condition tout de même de ne pas jouer à visser/dévisser les passes vue trop souvent) et qualitatif. C’est un excellent investissement.

Vous pouvez également exploiter les support de film pour les agrandisseur. Par exemple, le Femoneg L1200 de Durst est tout indiqué.

Enfin, et c’est amusant, certains passe vue de scanner sont tout à fait indiqués pour réaliser des numérisations comme ceux des séries V chez Epson.


Il existe quelques accessoires s’adaptant soit sur les trépieds soit sur les objectifs eux même. Ils permettent bien souvent la reproduction de diapos et plus rarement celle de films en bande. C’est le cas de Novoflex, Kaiser ou Nikon pour le 135.


Les logiciels dédiés à l’inversion des films négatif couleur :

L’utilisation d’appareils photo comme outil d’acquisition a longtemps eu un écueil : retrouver le positif à partir d’un film négatif. Deux logiciels ont vu le jour et sont dédiés à cette tâche : “Negative-pro-lab” et “Grain2pixel”. Le premier est un add-on payant de Lightroom, le second est un add-on gratuit pour Photoshop. (vous êtes néanmoins cordialement invités à faire un petit don à ses créateurs, une façon délicate et honnête de montrer votre intérêt pour leur produit.)

On peut également citer “Negmaster” qui propose une licence perpétuelle très aboutie ainsi que des add-on et profils pour Lightroom.

J’enfonce une porte ouverte en rappelant que ces logiciels sont dédiés à l’inversion de négatif couleur. Que l’inversion de négatif N&B ne pose pas de problème sur n’importe quel logiciel en inversant les courbes de tonalités et que le film inversible, en bande ou en diapo, ne donne pas lieu à inversion. Dans ces cas de figure, ces logiciels sont inutiles.

Une fois les photos inversées, les logiciels courants de traitement d’images sont adaptés.

Une démonstration sommaire de Negative pro lab est proposée en seconde partie d’article.

© Grain2pixel


 

MéTHODOLOGIE :


Environnement :

La numérisation des films avec un DSLR est une méthode ultra sensible aux lumières parasites. Un environnement particulièrement sombre où la table lumineuse devient la seule source de lumière est hautement recommandé. Aucune autre source de lumière ne doit venir éclairer directement le film au risque de pourrir vos numérisations. Le sujet est tel que certains amateurs ont carrément mis le système “sous cloche” pour garantir le noir absolu. Vous veillerez également à avoir de la place autour de vous comme un grand bureau ou une table pour disposer toutes vos affaires, vos classeurs et votre système de numérisation.

Numériser durant de longues heures est pénible physiquement par la posture courbée que l’on prend au dessus du statif pour changer ou faire bouger le film. Veillez à être aussi “confortable” que possible en disposant votre système de prise de vue à bonne hauteur à la manière du pied d’atelier pour les réparateurs de vélo.

La poussière est votre ennemie n°2 après les fuites de lumière. L’appareil photo est dépourvu de système anti-poussière sur la numérisation et chaque pettouille qui atteint le film est une pettouille qui sera à enlever à l’ordinateur. Manipulez le film avec des gants de coton dédiés et ayant à proximité un chiffon micro-fibre ou une brossette extrêmement souple ainsi qu’une poire pour enlever la poussière des films avant chaque passage à la numérisation.

La vibration est votre dernier gros ennemi. Plus vous manipulez, plus ça vibre et moins c’est net. Votre système de reproduction est idéalement posé sur un endroit solide ne vibrant pas. Faites l’acquisition d’un déclencheur sans fil pour votre boitier et, sur les reflex, relevez le miroir quelques secondes avant la prise de vue.


Calage du boitier et mise au point :

Que ce soit à l’aide d’un trépied ou d’un banc de reproduction, il vous faut caler parfaitement votre boitier au dessus du plan de travail sur lequel vous avez disposé votre support de film/passe vue. Une seule méthode me semble imparable : celle du miroir. Disposez dans l’axe présumé de l’appareil photo un miroir posé parfaitement à plat sur le plan de travail et faites la mise au point de telle sorte que vous voyez net les contours de la lentille frontale de votre objectif. En vous aidant du quadrillage de votre dépoli ou du live-view, calez votre boitier pour que l’objectif apparaisse parfaitement au centre de son propre reflet.
L’ensemble est suffisamment rigide quand il est monté sur un statif pour faire le calage dans un premier temps puis de modifier la hauteur du boitier pour coller à la taille de votre film. Avec un trépied, il sera nécessaire de prépositionner votre appareil face au film pour être positionné verticalement puis faire le calage au miroir avant de ne revenir sur le film car le risque de se décentrer lors de la manipulation est trop important.

 

Disposition et calage du boitier. Ces réglages peuvent se faire à la lumière du jour. Ici le cas de figure est celui d’un statif de reproduction mais un trépied amène au même processus de calage

Encore un ou deux millimètres et on sera bons. il existe des méthodes encore plus “énervées” en se servant des reflets de gouttes d’eau pour assurer un calage irréprochable. Le mieux n’est pas forcément l’ennemi du bien en la matière mais je n’ai pas jugé opportun de faire plus que cette méthode.

 
 

La mise au point sur le film peut se faire à l’aide du mode Live-view de votre boitier. Les fonctions de zoom permettent un réglage très fin. Vous pouvez également acquérir un Vlads test, une mire aux normes USAF, dont le niveau de détail est tel qu’elle mettra à nu la moindre imperfection de votre montage. La mire vous permettra aussi de trouver la meilleure ouverture de votre objectif pour un piqué maximal.

Une fois la mise au point réalisée, surtout, ne touchez plus à rien. Le parfait calage de votre système ne tien qu’à la stabilité de chacune de ses composantes. La qualité de vos numérisations tient à la rigueur que vous avez au moment de les réaliser.


 

Comparaison entre les boitiers numériques et les scanners

C’est LA grande question du moment : Personne ne veut regretter un choix technique imposant un lourd investissement au bout de quelques semaines seulement d’utilisation. Les deux modes de numérisation vont ici être confrontés l’un à l’autre pour les “départager”. Ca ne surprendra personne, les deux ont des qualités et des défauts ; ou plutôt des intérêts et des contreparties :


Employer un boitier numérique : les interets et contreparties FACE AUX SCANNERS

Choisir un boitier numérique plutôt qu’un scanner relève d’un choix technique. Fréquemment donné comme “supérieur” au scanner, l’appareil photo présente pourtant de petites contreparties qu’il s’agit de connaitre avant de se décider pour l’une ou l’autre des méthodes d’acquisition.

INTERETS :

  • Très large choix de matériels, à tous les prix, en neuf comme en occasion : contrairement aux scanners dont les modèles pertinents et accessibles aujourd’hui se comptent sur les doigts des mains.

  • SAV ou remplacement aisé en cas de panne : en cas de panne d’un scanner moderne, le SAV sera plus ou moins efficace selon la marque et il faudra s’attendre à des coûts prohibitifs. (remarquez, je vous dit ça mais le SAV est toujours d’un coût prohibitif...)

  • Dynamique d’image surclassant 99% des scanners du marché dans les appareils récents. Rien que de très normal : le développement de nouveaux capteurs est beaucoup plus actif pour les DSLR que pour les scanners.

  • Versatilité du matériel : vous pouvez vous servir de votre boitier au quotidien, pas du scanner.

  • Fichiers RAW faciles à exploiter et d’un poids contenu. Les fichiers TIFF des scanners sont fréquemment de plus de 150Mo, voir même de plus de 500Mo avec le Hasselblad X5. Alors que des reflex comme les 5DsR Canon ou Alpha-7RIV Sony contiennent le poids des fichiers RAW à moins de 100Mo.

  • Rapidité d’exécution à la numérisation. D’EXECUTION SEULEMENT ! J’en reparle plus loin mais factuellement : un scanner mettra environ une minute à numériser une photo en 3200DPI alors que l’appareil photo mettrai probablement autour d’1/20ieme de seconde.



CONTREPARTIES :

  • Le DSLR n’est pas forcément moins cher qu’un scanner ! Une fois additionnés les prix du boitier, de l’optique, du statif, de la table lumineuse au minimum, vous pouvez déjà avoir largement dépassé le prix d’un scanner neuf.

  • Les scanners disposent de systèmes d’effacement automatique des poussières. Cela n’existe pas avec les appareils photos et vous passerez de longues minutes à “dépettouiller” vos photos numériques. Une activité chronophage, rébarbative, frustrante. La réalité est que de la prise de vue au traitement final, il est peu probable que vous ayez gagné du temps.

  • Ne peut pas révéler directement un film négatif : contrairement au scanner dont le logiciel permet de numériser directement un négatif en positif, l’appareil photo ne vous donnera qu’un fichier qu’il faudra traiter par la suite.

  • Est tributaire de la qualité de l’optique dans les coins : là où l’optique du scanner se déplace pour toujours faire l’acquisition de façon optimale, le DSLR est fixe et son optique peut être source de sur-vignettage


 

Comparaison d’une numérisation

N’oubliez pas que je ne suis pas un professionnel en laboratoire qui fait des tests sur un banc avec une méthodologie qui relève de la conception d’un vaccin.

Une fois encore, c’est notre ER9 en gare de Lviv qui s’y colle ! nous allons faire des agrandissements du nez.


V800 vs. Pentax K70 + 18/55

La comparaison des deux est intéressante parce que ces deux ensembles sont d’un tarif A PEU PRES comparable. Le V800 se trouve aujourd’hui d’occasion dans les 500€/600€, le K70 également avec son objectif de kit. Il faut tout de même ajouter une table lumineuse, un trépied et un support de film soit au moins 200€ d’occasion. On peut trouver moins cher que le K70, un Canon 200D d’occasion est plutôt dans les 300€ au moment de la rédaction de cet article et donnera des résultats comparables.

Nous voilà donc avec deux systèmes autour de 600€.

Le V800 propose un rendu plus net que le K70 dont l’objectif du kit est en souffrance totale. Le K70 montre en revanche la supériorité de sa dynamique de capteur en mettant en lumière des éléments de verrière que le V800 n’affiche pratiquement pas. Les couleurs ne sont pas les mêmes mais elles ne doivent pas être comparées : la numérisation du K70 s’est faite sur une table lumineuse prévue pour le dessin avec un CRI de moins de 75 ! Et ça se voit tout de suite : voyez comme le V800 a bien mieux reproduit les teintes rouges des halos des phares que le K70 ! Cela démontre à quel point vous ne pouvez pas économiser sur l’achat d’une bonne table lumineuse !

Ces deux numérisations sont faites sur une photo moyen format. L’objectif du kit était alors à sa distance de mise au point la plus courte et n’aurait donc pas pu embrasser de près une image en 24x36.

Conclusion de cette comparaison :

Sur un investissement de l’ordre de 600€

  • Si vous ne possédez pas déjà un appareil photo numérique reflex/hybride, la balance me semble pencher vers le scanner. Le nombre d’acquisitions à faire pour avoir un système de numérisation raisonnable avec un appareil photo contraint à investir au moins dans un objectif macro et dans une bonne table lumineuse. Ces achats successifs font grimper la facture et il semble plus raisonnable d’avoir recours au scanner qu’à l’appareil photo dans ce genre de circonstance.

  • Si vous possédez déjà au moins un boitier numérique et que les achats se concentrent sur l’objectif Macro, le support, la table et le passe vue, alors la question se pose. Si vous faites du 24*36, l’objectif macro vous permettra de numériser parfaitement vos films et alors vous obtiendrez probablement un résultat équivalent voir légèrement supérieur en terme de rendu que le scanner… Sans perdre de vues les quelques contreparties typique de l’utilisation de l’appareil photo.

  • Si vraiment il ne vous reste qu’à acheter quelques accessoires, le plus économique sera sans doute de photographier vos films sans vous poser la question du scanner. C’est sans doute cette raison qui mène tant de jeunes photographes à considérer que la reproduction au DSLR est la meilleure, c’est qu’ils ont déjà acheté par ailleurs la moitié du matériel.


Sony Alpha 7R-IV VS. Hasselblad Imacon X5

Le reflex hybride numérique plein-format le plus défini du marché en 2022 face à la Rolls des scanners : l’Hasselblad Imacon X5. Les comparer, c’est comparer des solutions plus ou moins “ultimes” en matière de reproduction. A ce détail près que l’un vaut 3800€ neuf boitier nu (si bien qu’à 5500€, vous avez une super solution de reproduction) et que l’autre caracole aux environs de 22.000€ !

premier essai avec la photo de l’ER9 :

Le rendu des couleurs est beaucoup plus proche d’une photo sur l’autre, et pour cause : la table lumineuse employée pour la reproduction au DSLR est une Kaiser avec un CRI de 95 face à l’Hasselblad qui doit approcher des 99. Cependant, je suis surpris du rendu de netteté, j’avais souvenir que les résultats étaient tout de même plus serrés que ça et je présume que mon support “maison” a généré un léger décalage de mise au point. Je vous propose de retenter l’expérience avec une autre photo :

 

Deuxième essai avec le viaduc de Penk :

Bienvenue en Autriche ! Une Taurus OBB traverse le viaduc de Penk.

Cette fois, le match est plus serré. Il reste toutefois gagné par l’X5. On voit que les contours de lettrages sont plus nets (logo OBB, 57/9 sur un poteau caténaire,…) tout en ayant une définition supérieure. Pourtant, la différence est-elle si spectaculaire qu’il demeure intéressant d’investir quatre fois le prix de l’équipement Sony pour un X5 ? Pas sûr…

En tous cas, voici la preuve que j’ai légèrement foiré ma première numérisation de l’ER9. Là où le scanner, une machine intégrée, travaille toujours à son plein potentiel, le système DSLR en plusieurs partie peut dévier rapidement. Je referai ce scan un jour…

Conclusion de cette comparaison :

Il est plus difficile de conclure ici à quoi que ce soit dans la mesure où les deux équipements n’ont vraiment pas le même prix. On pourrait dire qu’il est inutile de dépenser 22.000€ pour un Imacon quand on peut avoir quelque chose de très semblable avec un Sony Alpha 7R-IV. Dans la course à la très haute définition, les matchs sont serrés. Je suis obligé de vous dire que le X5 continue de gagner, en piqué, en définition et qu’il n’y a guère que sur la colorimétrie qu’il date un peu et pour cause : il a déjà 10 ans ! Mais il reste une référence ! C’est dire si ce scanner a été remarquablement développé.

Il me semble utile de dire ici que ces deux solutions peuvent être louées. Des loueurs, physiques ou sur internet, permettent d’avoir pour quelques jours un Alpha 7R-IV pour un tarif plus doux que celui de l’achat et vous permettra de faire des acquisitions de vos plus belles photos si vous disposez déjà du reste du système.


relativisons

Le principe de la comparaison entre deux éléments veut que l’on pointe les qualités et les défauts et que l’on détermine un “gagnant”. Plus le gap est important plus la comparaison est intéressante, presque “satisfaisante”, car on aime tous se dire “ah oui, c’est évident, telle solution est meilleure !”. Pourtant, il faut revenir aux fondamentaux : pourquoi numérisez vous ? Pour faire des tirages d’1m de côté ou pour publier sur les réseaux sociaux ou faire quelques tirages de 20 à 25cms de côté ? Il ne faut PAS garder de ces comparaisons que seul le X5 permettrait d’avoir de bons résultats !

Je vous propose ci-dessous les 4 versions test de la photo de l’ER9. Bien sûr, il y a des disparités de rendu, de colorimétrie ou de netteté. Mais est-il à ce point important de dépenser 6000€ dans du matériel de numérisation pour faire un peu mieux que celui qui en coûte 600 ? En tous cas, si une numérisation occasionnelle très haute définition est nécessaire, dirigez vous vers la location et non vers l’achat.

V800

K70

X5

Alpha 7R-IV

Que penser de ces comparaisons ?

  • l’appareil photo numérique semble être devenu LE MODE de numérisation par excellence si l’on en croit les réseaux sociaux : ce n’est pas si évident.

  • L’augmentation de la qualité est financièrement exponentielle : si le saut entre un définition moyenne et haute est relativement modique, chaque gain en très haute définition se paye au prix fort.

  • une fois tous les fichiers remis à une taille de diffusion internet, les écarts se creusent tant qu’il faut bien réfléchir à la nécessité d’investir des milliers d’€ si c’est pour poster ses photos sur les réseaux sociaux.

  • La dynamique d’image est meilleure sur les appareils photos. Ou plutôt, elle est meilleure lorsque l’investissement est modéré. Une fois arrivée le pas de gros investissements, les écarts se réduisent.

Pour continuer au sujet des comparaisons, voici quelques liens que j’ai trouvé pertinents. Certains sont en anglais mais n’hésitez pas à traduire !

https://www.youtube.com/watch?v=wUTLOqMinok

https://www.bhphotovideo.com/explora/photography/tips-and-solutions/scanning-without-scanner-digitizing-your-film-dslr

https://silvergrainclassics.com/en/2021/02/film-digitization-dslr-or-scanner/

https://fstoppers.com/film/digital-camera-scanning-best-way-digitize-film-593669


 

Une fois les photos prises, il faut les traiter, c’est l’objet de la troisième et dernière partie !

le traitement des numérisations