[Photo argentique] La numérisation des films Part.1 : quels besoins et quels matériels ?

Bonjour à tous !

 

Vous avez entre les mains un film développé et il faut maintenant l’exploiter… En argentique, vous devez choisir entre le tirage traditionnel ou la numérisation. Nous allons aujourd’hui parler de la seconde pour que vous puissiez, comme moi, avoir le plaisir d’utiliser vos photos de trains ukrainiens pour faire de jolies en-tête sur vos articles de blog.

On y va !

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Je pratique l’argentique sérieusement depuis maintenant quatre ans. Au tout début de ma pratique et dans l’idée d’une continuité visuelle sur l’ensemble de ma production photographique, j’ai fait un choix de pellicule couleur selon mes goûts. J’ai retenu la Provia 100F de Fuji. Un choix exigeant car ce film demande une grande précision à l’exposition et n’autorise plus le tirage faute de papier. Le scanner est immédiatement devenu aussi nécessaire que le boitier pour exploiter mes photographies. Plutôt exigeant avec ma production photographique, j’ai toujours fouillé et testé pour savoir comment améliorer mon travail, chercher du nouveau matériel, de nouvelles méthodes, etc… Cet article est le fruit de ces années de recherches.

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N’ayez pas honte de la numérisation !

« Numériser ? Mais pourquoi faire ? » Tôt ou tard, vous tomberez forcément sur l’avis d’un « puriste » qui vous fera comprendre avec plus ou moins de finesse que comme vous ne tirez pas vous photos dans une noble chambre noir sous un agrandisseur ceci avec objectif cela, vous êtes un photographe de seconde zone, tout juste bons à appuyer sur votre déclencheur puisque vous « brisez la chaîne argentique ». On vous dira même peut être qu’avec cette méthode, mieux vaut faire du numérique « vous vous ferez moins chier ».

Ne tenez pas compte de tels avis ! D’abord vous faites bien ce que vous voulez, si vous le voulez, parce que ça vous plait. Je crois ensuite sincèrement que l’argentique n’aurait probablement pas l’essors qu’il connait aujourd’hui sans la possibilité de numériser les films. A mon humble avis, les photos argentiques postées sur les réseaux sociaux font bien plus pour diffuser la beauté et l’intérêt de la photo argentique que le noir dans lequel on peut plonger un labo toute une après-midi ! Attention, je ne dénigre pas les « tireurs », quiconque a déjà vu une photo apparaître sur le papier baigné dans le révélateur sait toute la magie et la joie que procure cette activité, mais non, il n’y a pas de honte à numériser ses films.

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Quelles sont les caractéristiques techniques importantes du matériel à acquérir ?

Le matériel de numérisation est un moyen et jamais une fin, son choix dépend de l’utilisation que vous ferez de vos photos. Vous n’aurez pas les mêmes besoins pour une image devant finir sur instagram ou dans un traceur sortant des tirages d’un mètre de large. Il vous faut choisir entre numériser avec un appareil photo numérique ou un scanner. On se souciera de la définition maximale d’un boitier numérique ou de la résolution maximale effective d’un scanner. De même, selon de type de film employé, vous prêterez une attention plus ou moins importante à la restitution des hautes et basses lumières : le Dmax des scanners.

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Rappels techniques :


Pour rappel, il faut distinguer définition et résolution : – la définition est la dimension de l’image, par exemple : 5000 x 3000 pixels font une définition de 15 méga pixels. Elle n’a pas de valeur physique exacte car le « pixel » n’a pas de taille stricte. La résolution est le nombre de points sur une longueur physique donnée. Elle s’exprime en « ppp » comme « points par pouce » ou « dpi » pour « dots per inch », 300 dpi signifie donc 300 points sur une longueur d’un pouce, soit 2,54 cm. Informatiquement, elle s’exprime également en « ppi » comme « pixels per inch ».


La résolution est sans doute la donnée la plus importante si vous destinez vos photos à l’impression car cette dernière sera tramée à 300dpi lors du tirage par l’imprimante. On estime en effet qu’il est impossible pour l’œil humain de distinguer la trame d’une impression en 300dpi, même s’il l’observe de très près. En dessous, il est possible que la résolution soit insuffisante et crée en sensation de flou.

© www.bigacrylic.com/

Si vous scannez une photo de 2.54cm de long (soit 1 pouce pour la démonstration) en 3200dpi et que vous ré-échantillonnez à 300dpi, vous obtenez une image de 27.09cm ; soit la dimension maximale à respecter dans ce cas pour avoir une impression d’une grande finesse observable de près.

Si vous photographiez une photo, vous partirez de la définition pour échantillonner : avec une image numérique de 4000px de large (pour l’exemple) en sortie de boitier, et que vous l’échantillonnez en 300dpi, vous obtenez 33,8cm, soit une nouvelle fois la dimension maximale à respecter pour une impression d’une grande finesse observable de près.

© phototrend.fr

Bien sûr, chaque règle a ses exceptions. Celle ci est conçue sur le principe qu’un tirage est regardé de près et qu’un manque de résolution se voit immédiatement sur un petit tirage. Sur un grand tirage, observé de plus loin, vous pouvez prendre des largesses avec cette règle. La résolution peut alors être moindre sans qu’il n’y ait de perception d’une baisse de qualité. On estime que sur un tirage destiné à être regardé à un mètre de distance, on peut parfois descendre jusqu’à  à 100 dpi. J’ai chez moi un tirage de 80x80cm dans mon salon et si je colle l’œil au tirage, c’est flou… Mais qui regarde un tirage de cette taille le nez collé au papier ???!

Pour le web, la question des dpi ne se pose pas puisque sur un écran, la longueur physique du « pouce » n’a pas cours. Elle fait place à la notion de « ppi » qui est de 72 sur un écran. Votre seul problème est de scanner ou photographier à une résolution d’au moins 72ppi et une définition au moins égale à celle que vous afficherez sur votre site ou sur un réseau social : par exemple, 800px de côté minimum pour mes publications internet.

En vue de démontrer par l’image les différentes problématiques, je suis parti d’une photo test que j’ai disséqué :

Une ER9M du dépôt de Lviv s’apprête à quitter la gare centrale de la ville pour repartir dans les Carpates, nous allons nous approcher du nez…

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La résolution des scanners :

Si la résolution n’est pas une préoccupation quand on utilise un appareil photo, c’est un sujet central quand on utilise un scanner. Le scanner disposant d’un couple capteur/optique fixe, il ne peut agir que sur la résolution pour faire varier la taille et la définition des fichiers numériques qu’il crée.

Plus le format que vous pratiquez est petit (135 par exemple, comparé au 120 ou au 4×5″) plus vous aurez besoin d’agrandir votre photo pour l’imprimer dans des formats généreux. Il vous faudra donc un scanner capable d’aller capter jusqu’aux plus fins détails de vos photos en adoptant une très haute résolution.

Malheureusement, la résolution affichée par certains constructeurs est souvent optimiste et ressemble plus à une sorte d’extrapolation des pixels. Le piqué et la mise au point de l’optique du scanner jouent donc un rôle crucial et permettent de définir une résolution maximale « efficace », celle jusqu’à laquelle le scanner est capable de restituer proprement les plus fins détails d’un film. Selon le modèle de scanner, les tests révèlent parfois une chute de plus de 50% entre la résolution affichée et la résolution réelle. Cela ne fait pas des scanners concernés de mauvais scanner, juste des produits pas toujours adaptés à ce pour quoi on l’imaginait 😉 )

Pour faire la démonstration, je suis parti de deux extrêmes : le V800 Epson, un scanner à plat de bonne tenue mais qui reste un scanner d’amateur en comparaison avec l’Imacon Flextight X5, peu ou proue le meilleur scanner actuellement fabriqué. SPOILER : les photos du X5 sont meilleures ! Encore heureux vue la différence de prix mais la comparaison à différentes résolutions montrent qu’en modérant ses ardeurs sur la résolution, même un scanner modeste peut atteindre de belles performances.

On commence par la comparaison de la même portion de deux scans réalisés à 3200dpi et affichés à 100%. Sans surprise, le V800 est largué et même s’il subsiste un petit doute quand à la bonne hauteur du passe vue supportant le film, ce scanner ne pourra de toute façon pas atteindre le niveau de netteté offert par le X5 à cette résolution. C’est absolument normal et prévisible.
D’après des tests en laboratoire, le V800 semble avoir une résolution efficace de l’ordre de 1900 à 2000dpi. La même photo a été re-scannée à 1800dpi et cette fois, le V800 se défend bien avec un résultat certes toujours inférieur mais de peu. Continuons…
Sur la même base que le test précédent, j’ai ajouté un dose de netteté à la photo du V800 avant de la remettre en comparaison. Les esprits chagrins diront que la différence se voit encore ; moi je trouve que les résultats sont désormais TRÈS proches ! Et nous sommes à 1800dpi, soit une résolution à laquelle un tirage de 30cm de côté sera très beau, même observé de près.

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Le Dmax des scanners :

Le deuxième aspect sur lequel est jugé un scanner est sa capacité à restituer avec finesse les plus hautes et les plus basses lumières, sa dynamique en quelque sorte. Là où certains scanner ne voient que du blanc cramé ou du noir bouché, certains font encore apparaître des détails et des nuances. Cette capacité est exprimée en « Dmax » sur une échelle de 0 à 5. La majorité des scanners actuels sont donnés pour un Dmax compris entre 4 et 5. Là encore, des tests en laboratoire démontrent que les fiches produits sont fréquemment optimistes. Un chiffre élevé est gage d’une bonne restitution de tous les contrastes de vos photos mais en usage courant pour des tirages de lecture ou des publications sur les réseaux sociaux, un Dmax d’environ 3.5 est déjà plus que correct. Rares sont les scanners à dépasser effectivement le 4.0. Cela fait du Dmax un aspect encore plus discriminant que la résolution car une excellente valeur est foncièrement rare.

On reprend notre photo d’ER9M scannée en 3200dpi et on se penche cette fois sur la charpente métallique de la grande halle de la gare. Les tons sombres sont bien mieux rendus par le X5 que le V800 et même si un bon logiciel vous permettra de rattraper un peu les tons sombres quasi bouchés par le V800, il n’y aura pas de miracle.

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La définition des boîtiers numériques

Si vous souhaitez utiliser un boitier numérique pour photographier du film argentique, votre choix de matériel sera guidé par la définition du capteur de l’appareil numérique. Si vous souhaitez faire de gros agrandissements à partir d’un film de petit format (135 par exemple, comparé au 120 ou au 4×5″), un capteur de grande définition est nécessaire. Ceci dit, l’essentiel des boîtiers produits ces derrières années conviennent parfaitement pour numériser des photos argentiques. Par exemple, un 5D mk II Canon prend des photos de 5 616 × 3 744 pixels, ce qui est laaargement suffisant pour tous les usages (environ 3000dpi s’il s’agissait d’un scanner pour du 24×36)… En théorie du moins ! Car comme pour le scanner, le niveau de l’optique employée à un gros impact sur le résultat final et seule une excellent optique pourra rendre tous les détails présents sur un film.

Selon votre pratique de l’argentique, il est possible que le ratio de vos photos sur le film ne soient pas le même que votre boitier numérique. Par exemple, si vous utilisez du film 120 pour réaliser des photos en format 6×6, vous ne pourrez pas exploiter toute la longueur du capteur de votre boitier numérique et devrez vous contenter de sa largeur.

illustration de la problématique du Ratio où le capteur 3:2 de votre appareil photo numérique ne peut pas totalement être exploité pour numériser en une seule prise un photo au format 6×6 (donc au ratio 1:1).

Les boîtiers modernes proposent de belles restitutions des contrastes et des couleurs et leurs différences peuvent se compenser au post-traitement.

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Le test suivant compare le V800 et le K-70 Pentax avec son objectif de kit. Le propos n’est plus de démontrer la capacité de deux produits que tout oppose mais plutôt de montrer ce que deux produits dans une gamme de prix de 500€ neufs permettent.

Le premier test est fait avec la photo de l’ER9M. Je compare le V800 à 1800dpi avec le K70 à sa pleine définition, cela permet de comparer deux fichiers de 3900px de large.

La comparaison n’est cette fois pas flatteuse pour le K70 qui pèche sur la netteté. Ce n’est bien sûr pas la faute du scanner mais celle de l’objectif, celui du kit, dont le piqué est très relatif… Cependant ,le test a ceci de probant qu’il est réalisé avec du matériel au coût sensiblement équivalent. Le boitier numérique s’en tire par contre mieux que le V800 sur la dynamique de l’image. D’un point de vue pratique, l’acquisition est également près de 100 fois plus rapide avec le K-70 qu’avec le scanner.
A 800px de large, soit un format classique de diffusion sur internet, il est impossible de distinguer à l’œil quelle est l’image scannée au X5 et quelle est la photo prise au K-70. Allez, je vous aide, le K-70 est à gauche et le X5 à droite.

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Et pour le reste…

Pour le reste, il faut bien vérifier que votre matériel couvre techniquement votre besoin. Si vous ne faites que du négatif en bande et que vous achetez un accessoire d’objectif en vue de reproduction des diapos, c’est ballot. Si vous achetez un scanner de numérisation des films 135 mais que vous ne faites que du 120, c’est encore ballot. Une fois ces éléments pris en compte, il ne peut plus vous arriver grand chose…

un boitier numérique permettant le relevage du miroir longtemps avant la prise de vue est souhaitable, il évitera des vibrations amoindrissant le piqué.

Concernant la colorimétrie, les tests ci dessus montrent une différence d’un scanner à l’autre. Le problème dépend tant du scanner lui même que de son soft ou même des optiques employées sans compter le regard que vous portez sur les couleurs. Ça peut difficilement être un aspect discriminant dans le choix de votre matériel

Si votre objectif est d’abattre une grande quantité de travail et que vous voulez absolument un scanner, tenez compte des temps de scan annoncés par les fabricants. Sinon, côté rapidité, l’appareil photo est forcément gagnant.

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Avec quel matériel numériser vos films ?

L’acquisition se fait au moyen de deux grandes familles de matériels : les scanners et les appareils photo numériques pourvus d’accessoires. Je mets de côté les solutions avec smartphones qui relèvent plus du gadget que de l’outil photographique. De même que les mini scanners à moins de 100€ neufs qui ne peuvent pas, vue leurs caractéristiques, se révéler être un choix pertinent pour l’amateur exigeant, même débutant. Je vous propose une rapide revue des troupes pour vous aider à orienter votre choix. Elle n’est pas exhaustive, une recherche plus approfondie et des comparaisons personnelles vous aideront à faire votre choix.

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Les scanners :

Scanners « à plat » :

Scanners classiques de documents à l’origine, ils ont été développés par la suite pour le scan de pellicules. Leur principale qualité est leur flexibilité : ils peuvent scanner tant les films au format 135 qu’au format 120. Certains d’entre eux acceptent même le 4×5″. C’est un choix fréquent chez l’amateur.

– Canon conçoit avec le « Canonscann 9000F mkII » un scanner accessible acceptant le 135 et le 120.

© Epson

– La gamme V chez Epson est la plus répandue, les V800 et V850 sont toujours fabriqués et acceptent quasiment tous les formats. Leur résolution efficace est d’environ 2000dpi et son Dmax de 3.6 à 3.9. Une moyenne un poil basse dans l’absolu mais ce scanner hyper flexible présente un tarif très acceptable de 500€ environ qui sont très vite amortis.

– Les scanners IQsmart (le 3 en particulier) de Creo sont beaucoup plus rares et nettement plus coûteux mais offrent un niveau de scan de très haute volée. C’est la Roll’s du scanner à plat. Comptez quand même quelques milliers d’Euros si vous avez la chance d’en trouver un d’occasion, il ne sont plus fabriqués.

Scanners « dédiés » :

Ils n’ont qu’une seule et unique fonction : scanner du film. Ils sont souvent plus compacts. Ceux dédiés au format 135 n’acceptent que ce format, ceux acceptant le format 120 acceptent également le 135 et ainsi de suite.

© reflecta

– On trouve de petits scanners dédiés au 135 plutôt accessibles comme le Rollei PDF-S 240 SE ou le 8100 LED Plustek. Un scanner plus reconnu est le Reflecta RPS 10M. Ce dernier présente une résolution réelle de 4300dpi pour un Dmax de l’ordre de 4.0. Son prix va avec ses belles spécificités : un peu moins de 1000€.

– Les scanners dédiés au moyen format sont déjà plus rares et nettement plus onéreux. On y trouve le MF 5000 Reflecta ou encore le FS 120 Braun. Ce dernier donne une résolution réelle de 3200dpi et un Dmax de 4.0 environ, une belle performance pour du moyen format à environ 2000€ (logiciel SF inclu).

© filmscanner.info / Imacon

– Les scanners dédiés acceptant le 4×5 (ainsi que le 135 et 120) sont rarissimes et l’Imacon Flextight X5 est sans doute la figure de proue de cette catégorie. Ces scanners réellement « professionnels » offrent une qualité de reproduction exceptionnelle. Une résolution variable mais toujours atteinte de 6900dpi pour le 135 ou 3200dpi pour le 120 (liée au capteur de 8000px), un Dmax exceptionnel de 4.8, rapide, efficace, dommage qu’il coûte… 22.000€ !

Le cas particulier : le scanner à tambour.

© Brakensiek systemhaus / Heidelberg

Un peu inclassable (quoi que l’Imacon ci dessus s’en rapproche) le scanner à tambour est atypique, tant par sa taille que par son fonctionnement. Le film est maintenu par un filet d’huile sur un tube translucide pivotant au dessus du capteur. Bien que technologiquement ancien (contemporain des débuts de l’informatique), le scanner à tambour est la catégorie de tous les superlatifs. Rien,ou presque, ne dépasse aujourd’hui ces scanners en terme de qualité mais ils sont si exigeant à l’usage et la technologie numérique ayant fait de tels progrès depuis leur mise au point que l’essentiel du parc a disparu. Les grandes entreprises qui en fabriquaient ont toutes cessé sauf peut être Aztec. Il est pratiquement impossible de trouver le prix exact d’une machine neuve mais cela semble se situer autour de 30.000€. (!!)

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Un mot sur les logiciels des scanners

Comme tout bon appareil électronique relié à un ordinateur, le scanner ne tourne pas sans son « pilote », un logiciel qui fait l’interface entre lui et l’ordinateur. Ce pilote est généralement un programme complet permettant à l’opérateur d’utiliser son scanner en prévisualisant un film, sélectionnant une photo puis de la scanner pour de bon selon un certain nombre de paramètres.

Vous avez deux grandes possibilités : soit utiliser le logiciel fourni avec le scanner, soit en utiliser un autre. Les logiciels des scanner sont souvent basiques mais ils « font le taff » (sauf, à en lire certaines critiques, le logiciel du reflecta MF 5000 ?). Ils sont rarement mis à jour. Les logiciels tiers sont souvent plus complets et complexes. Mieux mis à jour, ils permettent même, parfois, de faire fonctionner un scanner ancien sous des systèmes d’exploitations actuels. Deux grandes firmes se partagent ce marché : Vuescan et Silverfast. L’un et l’autre sont coûteux pour des logiciels non essentiels au flux de travail mais peuvent s’avérer être des investissement intéressants quand on veut aller plus loin que les quelques fonctions basiques du logiciel d’origine. A vous de voir.

Je ne l’ai pas mentionné de suite mais il a sa place dans cette rubrique : à l’heure où les gens se tournent de plus en plus vers la reproduction de leurs films à l’aide d’appareils photo numériques, de nouveaux produits apparaissent comme Negative-pro-lab, si jeune et déjà bien connus des amateurs de lightroom, il permet de traiter avec simplicité les négatifs photographiés ou les scans de négatifs comme s’ils s’agissait de positifs. Une petite démonstration se trouveen deuxième partie.

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Les accessoires pour appareils photo numériques :

Je ne vais pas m’étaler sur quel appareil photo utiliser pour numériser du film, ils sont aujourd’hui tous qualitatifs et, utilisés avec un objectif adéquat, capables de bonnes reproductions. Nous allons donc séparer le propos par les deux méthodes possibles :

La prise de vue sur table lumineuse :

© Kaiser

Partant du principe que vous disposez déjà d’un trépied et d’un boitier numérique pourvu d’un excellent objectif Macro, le seul achat à effectuer est celui de la table lumineuse. Kaiser fabrique d’excellentes tables de différents formats et dont la particularité est la juste température de la lumière diffusée (5000°K). A moindre coût, on peut opter pour une table lumineuse de dessin, laquelle sera tout aussi efficace mais dont la température de lumière sera – peut-être – plus approximative.

La prise de vue avec accessoires :

© Nikon
© Ricoh-Pentax

Il existe quelques accessoires s’adaptant soit sur les trépieds soit sur les objectifs eux même. Ils permettent bien souvent la reproduction de diapos et plus rarement celle de films en bande. C’est le cas de Novoflex, Kaiser ou Nikon pour le 135. Pentax propose également un véritable ovni, un banc de reproduction acceptant films en bande et diapos jusqu’au format 120 (6×9)

Ce tour d’horizon montre qu’il y a une grande diversité de matériel ; Alors comment choisir le matériel qui vous correspond ?

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Quel matériel pour quel besoin ?

C’est probablement la partie de cet article sur laquelle vous m’attendez le plus et sur laquelle je vais le moins vous aider. Au delà des références et tests qui composent cet article, il existe des dizaines d’autres références de scanner et des dizaines d’autres de boîtiers. Si j’ai déjà pu en tester certains, je ne peux pas tous les avoir testés et je ne veux pas vous aiguiller vers le matériel limité que je connais. Ceci dit, quelques éléments :

Cet article a été tourné pour vous faire comprendre l’importance de la résolution d’un scanner ou la définition d’un appareil photo pour numériser vos films. Il n’y a rien de plus contrariant que d’être déçu d’un achat pour lequel on a mal estimé la qualité. De plus la tendance actuelle avec les derniers appareils numériques hyper définis est de zoommer encore et encore dans une photo pour en voir les plus infimes détails. POURTANT, à l’exception de quelques grands tirages, on n’exploite que très rarement la haute définition/résolution de nos photos numérisées. Nul besoin donc de s’obstiner à vouloir absolument acheter un scanner ou un boitier à plusieurs milliers d’euros si c’est pour envoyer des photos hyper compressées sur instagram. Pour un usage courant, un scanner à plat correct est largement suffisant. Le V800 et le X5 ne boxent pas dans la même catégorie mais chacun a son utilité et ne vous laissez surtout pas porter par l’idée que seul un scanner à 22.000€ permet de faire du travail « correct ». De même, l’appareil photo numérique est une bonne alternative au scanner, en particulier sur le petit format où il performe au moins aussi bien que les scanners à plat de la même gamme de prix.

Ensuite, n’oubliez pas qu’un fichier RAW ou plus particulièrement TIFF est lourd. Si un 5DII propose modestement un RAW de 25Mo, un fichier TIFF de 3200dpi 16bit couleur issu d’une photo 6×6 avec un scanner X5 pèse environ 270Mo. Si vous faites beaucoup de photos, il faudra revoir toute la chaîne informatique et les capacités de stockage qui vont avec.

Si vous avez besoin de réaliser des scans de haute résolution avec un bon Dmax ou des photos de haute définition, il reste encore la solution d’emprunter ou louer le matériel. Plusieurs labos proposent leurs services sur Paris ou en province et en choisissant bien vos photos, le coût de l’opération reste modeste. Certains labos anglais ou américains proposent même de leur envoyer des films à scanner sur scanner à tambour si vraiment vous voulez « toucher le soleil » du doigt.

Enfin, il est important de dire que si vous scannez régulièrement, votre investissement sera forcément rentable. Le coût de la numérisation dans un laboratoire est prohibitif. il est le reflet du temps nécessaire à un opérateur pour effectuer cette tâche à votre place. Considérez que si vous réalisez vos scans en TIFF de bonne qualité, vous pouvez rentabiliser l’achat d’un v800 en moins d’un an ou au bout d’une trentaine de films. Il faudra plus de temps pour un scanner à 2000€ mais si votre usage est fréquent, l’investissement en vaut la chandelle également.

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Vous avez désormais choisi un scanner, ou trouvé le scanner de vos rêves en location, vous avez trouvé un accessoire à visser sur votre boitier, votre objectif ou bien vous avez une table lumineuse et vous vous dites « et maintenant je fais quoi ? »

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C’est l’objet de la partie 2 : [photo argentique] La numérisation des films Part.2 : acquisition et traitement

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article V2 : mis à jour le 14/11/19 : introduction de Negative-pro-lab au § sur les logiciels.

Quelques liens :

Le site « Filmscanner » regorge d’infos et de tests sur une multitude de scanner. Une bonne base de donnée de départ (traduction française approximative)

Un prestataire scannant sur X5 mais présentant bien le scanner dans ses données techniques

Des infos techniques sur le masque orange

Discussion sur le forum Galerie photo avec un test poussé du V800/V850

Chaines youtube :

La chaine de Baptiste Plichon / EMGK Photographie : ne passez pas à côté. Une de ses vidéos traite du Reflecta RPS 10M

Nicolas Petit a réalisé une triplette de vidéos sur le scan, c’est instructif, il livre également de la méthode de scan.

 

Un labo libre service :

Le laboratoire Emulsion-lab à Paris qui vous permet de louer un X5 à la demie heure ou au forfait.

2 comments on “[Photo argentique] La numérisation des films Part.1 : quels besoins et quels matériels ?”

  1. Top.
    Nous avons assisté à la présentation au cours du salon de la photo à Paris et avons été impressionné par la synthèse des solutions de scanning, par les exemples d’utilisation… et aussi par les photos de trains.
    Bravo.
    (Nous venions de Bruxelles et avions sélectionnés quelques présentations; celle-ci est une de celles qui nous a le plus marqué.. et qui nous a d’ailleurs décidé à acheter un scanner).
    Encore bonne continuation!

    1. Merci pour ces éloges qui me touchent beaucoup, je suis heureux que tout ça puisse servir ! Si vous avez des questions précises sur votre utilisation du scanner, je serais ravi d’y répondre si vous le souhaitez. Bons scans !

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